Noël des animaux

En l’honneur de la naissance du Christ dans une étable, les campagnards étaient particulièrement gentils avec leurs animaux pendant la période de Noël. Se rappelant comment les bêtes gardèrent l’enfant Jésus au chaud, les fermiers donnaient à leur vaches, chevaux et ânes, des rations supplémentaires de foin ou de son mouillé, tandis que les poules recevaient une double mesure de grains. La veille de Noël, en Cornouailles, le dernier épi était ôté de sa place d’honneur dans la cuisine de la ferme, et présenté au bétail. En Ecosse, des gerbes d’avoine étaient suspendues à des sorbiers pour nourrir les oiseaux. Dans certaines régions, les familles allumaient des lanternes dans l’étable et suspendaient des plantes autour. Les enfants décoraient allègrement les animaux eux-mêmes, et disposaient sur leurs cornes des guirlandes de houx. Mais les rituels animaux les plus élaborés avaient lieu au Pays de Galles. La veille de Noël, le maître de maison préparait un bol de bière chaude, sucrée et épicée, tandis que la maîtresse de maison préparait un panier contenant du gâteau. Ils décoraient le bol et le panier somptueusement avec des plantes à feuilles persistantes, des guirlandes de houx et de lierre, puis ils les apportaient à la stalle du bœuf le plus beau, suivis par le reste de la maisonnée en procession. Dans l’étable, les hommes se tenaient d’un côté, et les femmes de l’autre. Alors la maîtresse de maison fixait le gâteau sur les cornes du bœuf; le maître agitait la bière, buvait une gorgée, et passait le bol, et chacun chantait un toast gallois cordial. Si le bœuf se comportait placidement pendant ces rites exceptionnels, c’était un signe de chance pour l’année à venir, mais s’il donnait des signes d’agitation et de colère c’était un signe néfaste. Les joyeux maîtres de maison avaient aussi le gâteau à l’œil. S’il tombait du côté des femmes, c’était elles qui gouverneraient le foyer pour l’année à venir; sinon c’était le triomphe des hommes. Mais l’occasion la plus merveilleuse avait lieu à minuit de la veille de Noël, selon une croyance bien établie dans les Îles Britanniques et en Irlande. C’était le moment magique où tous les animaux de l’étable étaient censés s’agenouiller en adoration au nouveau-né. Au même moment, un autre miracle se produisait : les animaux recevaient le don de parole humaine. Quand minuit sonnait dans la ferme, les enfants avaient du mal à s’empêcher de se précipiter dans la cour de l’étable glaciale pour entendre les animaux parler, mais ne leur permettait pas de le faire car cela aurait gâté cet instant sacré. Ce que les animaux se disaient, on laissait cela à l’imagination de chacun. Beaucoup d’autres sortes de miracles se produisaient à Noël. En Cornouaille, on croyait que les lutins se rassembleraient au fond des mines d’étain pour célébrer une messe de Noël. Dans de nombreuses régions, on pensait que les abeilles quittaient leurs ruches le matin de Noël à trois heures, essaimaient autour de la maison en bourdonnant fort, et revenaient. En Bretagne, les grands menhirs de Carnac descendent à la rivière pour boire. Un miracle fameux dont on peut encore être témoin aujourd’hui, c’est la floraison de l’Epine Sainte à Glastonbury. Quand Joseph d’Arimathie apportant le Saint-Graal à Glastonbury, il planta dans le sol son bâton qui devient une aubépine fleurie. Et bien que l’aubépine soit censée ne fleurir qu’en mai, l’Epine de Glastonbury montre des fleurs blanches chaque jour de Noël, en l’honneur de la naissance divine.

(« Vive la Tradition Celtique au file des saisons », Mara Freeman)

L’épine de Noël

Il était une fois un homme d’Illminster qui allait à Glastonbury en pèlerinage. Avant qu’il ne parte, les villageois lui demandèrent de rapporter la relique sainte pour bénir le village. Ils furent déçus quand il revint, ne portant qu’une brindille d’aubépine. Mais l’homme planta la petite pousse dans la carré du village et pria à côté matin et soir. Elle se mit à pousser à un rythme incroyable, et, à Noël, elle était devenue un mince jeune arbre. Les villageois regardèrent avec soupçon le pèlerin; quand il passait, ils traversaient la rue pour ne pas avoir à le croiser. Le pèlerin remarqua les affronts qu’on lui faisait. Il continua ses prières et prédit que l’aubépine fleurirait le jour de Noël.

Vint le jour de Noël, et rien n’arriva. Mais juste avant minuit, le 4 janvier – l’ancienne veille de Noël – tout le village fut éveillé par un grand vacarme dans la rue. Les gens s’habillèrent à la hâte et coururent aux fenêtres, et ils purent voir un spectacle extraordinaire : tous leurs moutons, toutes leurs vaches, défilaient dans les rues. A la tête du troupeau était le grand maître taureau qui appartenait au fermier le plus riche. Les villageois se précipitèrent dehors et suivirent les animaux sur la place du village, où la petite aubépine exposait ses fleurs blanches au clair de lune. Ils virent le pèlerin agenouillé en prière.

L’horloge de l’église sonna minuit. Alors le grand taureau s’agenouilla aussi. Un par un, les villageois s’agenouillèrent avec leurs animaux.

Et c ‘est ainsi qu’Illminster sut qu’elle avait une épine sacrée.

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