Nature et liturgie

Les éléments de la nature dans la liturgie

En tant que servant d’autel, tu tiens un poste d’observation privilégié et tu es capable de repérer les éléments naturels que nous utilisons dans la liturgie. Ainsi le monde auquel nous appartenons est présent dans nos liturgies.

L’eau

L’eau est le premier que tu rencontres quand tu entres dans l’église :

- Tu te signes avec l’eau du béniter pour te souvenir de ton baptême.
- On choisit parfois l’aspersion pour le rite pénitentiel qui nous rappelle que, plongés dans la mort et la résurrection du Christ, nous sommes sauvés du péché.
- En recevant les offrandes, le prêtre verse de l’eau dans le vin en disant : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous ainsi être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. « L’eau symbolise ici notre humanité. Puis tu continues par le rite du lavabo pendant lequel le prêtre dit cette prière : « lave moi, Seigneur, de mes fautes, purifie moi de mon péché ».

Le pain

Le pain est fait de farine qui vient du blé, produit par la terre et le travail des hommes.

Le vin

Le vin est le fruit de la vigne plantée en terre. Nous reprenons ces deux aliments essentiels du repas juif parce que ce sont ceux que Jésus a utilisé à son dernier repas.

Le bois

En apparence, tu ne le vois peut être pas facilement, mais il est très présent : dans la croix que tu portes, celle qui est dans le choeur. Ecoute les lectures et observe combien le bois est présent sous diverses formes (arbres, barques, arche, bâton, croix…)

L’encens

L’encens vient de la nature, il est donné par la sève des arbres (oliban, myrrhe, benjoin, storax). Il est le signe de la prière qui monte vers le Père. Comme l’eau se mêle au vin, la fumée de l’encens nous unit à Dieu.

Le feu

Le feu, dans nos liturgies est un signe du Christ, de sa présence. Dans le feu nouveau de Pâques, il est le signe de la résurrection ; dans la flamme des cierges que tu utilises en procession d’entrée et à l’évangile ; dans la lampe du tabernacle (à moins qu’elle ne soit électrique !). Une flamme bouge au gré des courants d’air, elle est vivante : elle est le symbole du Christ vivant parmi nous.

L’huile

L’huile est très liée au feu, car elle a très longtemps alimenté les lampes. Elle est signe de l’Esprit saint, de la royauté, et de la bénédiction de Dieu. Elle est utilisée pour les sacrements, lors du baptême, de la confirmation, du sacrement des malades et de l’ordination. L’huile signifie la force parce que les sportifs s’en enduisaient avant les combats pour échapper à la prise de l’adversaire. Comme elle imprègne le corps alors qu’on la met sur la peau elle signifie que la présence de Dieu nous imprègne tout entier.

La cire

La cire est fabriquée par les abeilles pour donner les cierges, particulièrement le cierge pascal. La couleur jaune de la cire nous rappelle son humanité.

Lors d’une promenade, d’une excursion en montagne, en bord de mer, nous sommes enclins à contempler la création, à y reconnaître le divin. L’homme est créé à l’image de Dieu, nous pouvons dire comme le créateur que : « cela était bon ! » (Genèse 1,2). A l’image de Dieu, nous sommes appelés à être attentifs à ce cadeau magnifique qu’il nous a donné.

Le fleurissement est aussi un moyen de l’expression de la nature dans nos églises. Comme le disent le moines de l’Abbaye de Tamié : « En réalisant des jardins liturgiques ou simplement en s’y promenant et en s’y arrêtant, je deviens ce que je suis : fils bien-aimé et frère de tous… Fleurissons donc à « la louange de sa gloire ! »

Notre tradition chrétienne a toujours honoré la nature et a reconnu ses fruits comme des dons de Dieu. La présence des éléments naturels dans la liturgie a du sens et donne du sens à notre foi. La foi n’est pas un « à côté » de notre vie. Elle vibre comme les cordes d’un instrument de musique. En vibrant, elle donne de la couleur, du sens à notre vie quotidienne. Elle nous fait rejoindre le Créateur et nous fait communier à l’incarnation du Christ « venu dans notre monde, notre chair ». Notre quotidien s’ouvre à l’Esprit saint, nous qui sommes le temple de l’Esprit.

La liturgie catholique a toujours intégré des éléments du cosmos, comme par exemple l’orientation des églises vers l’est d’où vient la lumière du levant. De même la fête de Noël est placée au moment où le soleil regagne sur l’obscurité.

Selon un article de Dominique Lacroix, Revue Servir n° 251

http://archivesweb.cef.fr/prive/liturgiecatholique.fr/liturgiecatholique.fr/Les-elements-de-la-nature-dans-lacd59.html?artsuite=1

Beauté, nature et liturgie

Super User
Jacques Gauthier poète et essayiste

La Bible nous apprend que tout ce que Dieu crée est beau et bon. Il communique sa beauté à travers notre âme, créée à son image. Il embellit notre vie de sa grâce par le Christ ressuscité qui a vaincu la mort. Bien sûr, il y a le mal, qui coexiste avec la beauté, mais celle-ci allège la vie, nous élève vers Dieu pour le prier, le louer, lui rendre grâce. Dieu est lui-même beauté, comme l’évoque saint Augustin : « J’ai tardé à t’aimer, Beauté si ancienne et si neuve, j’ai tardé à t’aimer! Ah! voilà : tu étais dedans, moi dehors, et je te cherchais dehors où je me ruais, beau à rebours, sur les belles choses d’ici-bas, tes ouvrages » (Confessions,  X, 27).

Beauté de la nature 

La beauté est exaltée depuis toujours par les artistes et les saints. On peut dire, avec le poète François Cheng, que la beauté est bonne et que la bonté est belle. Mais la beauté est de plus en plus menacée par notre insouciance face à la pollution qui mène aux changements climatiques, à l’exploitation irrationnelle des ressources qui appauvrit la terre. Je pense à la chanson de Diane Dufresne : « Ne tuons pas la beauté du monde ». Il faut relire l’encyclique du pape François sur l’écologie intégrale Loué sois-tu. 

Malgré les canicules extrêmes et les orages violents, l’été est un temps privilégié pour nous émerveiller de la beauté de la nature. À l’exemple de François d’Assise, profitons-en pour louer le Seigneur présent dans sa création, des couleurs de l’aube à la symphonie du soir. 

Chmpb maison retraitante

Beauté de la liturgie

La liturgie est aussi le lieu où la réponse de l’être humain à Dieu se vit dans la beauté. L’univers liturgique avec ses rites et sa musique nous permet d’être en contact avec Dieu et sa parole. La beauté dans la liturgie devient chemin de l’Esprit pour aller au Christ qui renvoie au Père.

Le mois d’août est spécialement riche en grandes figures de sainteté qui nous conduisent au Christ : Curé d’Ars, Dominique, Laurent, Claire, Maximilien Kolbe, Bernard, Jean Eudes, Augustin, pour ne nommer que ces amis. Ils sont entourés des grandes fêtes de lumière que sont la Transfiguration de Jésus et l’Assomption de Marie, prémisses de ce qui nous attend. « Et nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire, comme de par le Seigneur, qui est Esprit » (2 Corinthiens, 3, 18).

Beauté de la Présence

Dieu est présent en nous, dans la création, dans la liturgie. L’Esprit Saint, le souffle de Dieu, prie et respire en nous. Il adresse en nous la prière de louange et d’offrande du Christ à son Père. En nous promenant dans la nature, en célébrant le mystère de beauté à l’église, nous prolongeons la prière du Christ, nous accueillons toute la paix qu’il veut nous donner, nous diffusons son amour sur toute chose. Nous rejoignons alors la source même de la prière qui jaillit du cœur du Christ et du nôtre, comme l’exprime la bienheureuse Dina Bélanger (1897-1929) dans son Autobiographie :

La nature avec ses beautés et ses richesses variées : crépuscules, clairs de lune, plantes, fleurs, fruits, ruisseaux, rivières, papillons, chants d’oiseaux, etc. me jetaient dans une sorte d’extase. La tiède haleine des vents, le murmure jaseur des feuilles, le grand silence du soir, le sourire des étoiles m’enivraient. Cette rêverie était, à mon insu, une méditation pieuse. Elle allait devenir de plus en plus profonde, s’appeler bientôt une contemplation, me rendre muette et même inconsciente d’admiration, m’enflammer de reconnaissance et d’amour envers l’Infini, me consumer du désir de le posséder, lui, Beauté idéale.

Pour aller plus loin: Les saints, ces fous admirables (Novalis / Béatitudes, 2018).
Je donnerai de la joie. Entretiens avec Dina Bélanger (Novalis / Emmanuel, 28 août 2019).

Source : https://www.jacquesgauthier.com/blog/entry/beaute-nature-et-liturgie.html

Fleurir en liturgie

L’eau dans la liturgie

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