
Le pythagoricien Alcméon aurait fondé (vers 500 av. J.-C.) la théorie des quatre qualités élémentaires : chaud, froid, sec et humide.
« Selon Alcméon, c’est l’équilibre des puissances, comme l’humide et le sec, le froid et le chaud, l’amertume et la douceur, etc. qui produit et conserve la bonne santé ; c’est au contraire la prédominance de l’une d’elles qui provoque la maladie, et quand deux de ces puissances prédominent, la mort s’ensuit3. »
Le médecin sicilien Philistion, contemporain de Platon, répartit les quatre qualités entre les quatre éléments4 : le Feu est chaud, l’Air est froid, l’Eau est humide, la Terre est sèche.
L’apport le plus décisif à la théorie des quatre éléments fut celui d’Aristote qui y ajouta la notion de quatre qualités élémentales associées deux par deux et contraires. Il donna aussi un ordre naturel : en bas la terre, puis l’eau, puis l’air, enfin le feu (le Soleil), et l’éther pour les corps célestes.
« Comme il y a quatre éléments, et que les combinaisons possibles, pour quatre termes, sont au nombre de six ; mais, comme aussi les contraires ne peuvent pas être accouplés entre eux, le froid et le chaud, le sec et l’humide ne pouvant jamais se confondre en une même chose, il est évident qu’il ne restera que quatre combinaisons des éléments : d’une part chaud et sec, chaud et humide ; et d’autre part, froid et sec, froid et humide. Ceci est une conséquence toute naturelle de l’existence des corps qui paraissent simples, le feu, l’air, l’eau et la terre. Ainsi, le feu est chaud et sec ; l’air est chaud et humide, puisque l’air est une sorte de vapeur ; l’eau est froide et liquide ; enfin, la terre est froide et sèche. Il en résulte que la répartition de ces différences entre les corps premiers se comprend très bien, et que le nombre des uns et des autres est en rapport parfait5. »
L’interprétation symbolique des quatre éléments repose sur leur décomposition en quatre qualités élémentales, suivant deux axes d’analyse que sont le chaud et le froid d’une part (deux qualités actives) et le sec et l’humide d’autre part (deux qualités passives). (voir ici)
- Le chaud est d’une manière générale un principe d’énergie, d’activité et d’impulsion. Par opposition, le froid est un principe de passivité et de résistance.
- Le sec est un processus d’analyse, de séparation, d’individualisation, de contraction et de repli sur le détail ou sur soi. Il se déroule dans une atmosphère rigide et cassante, allant aux extrêmes. Par opposition, l’humide est un processus de synthèse, de liaison et de collectivisation, d’ouverture sur la globalité et le collectif. Il est conduit dans une atmosphère de détente et de souplesse.
La conjonction d’une qualité active et d’une qualité passive agissant sur une matière première indifférenciée génère l’un ou l’autre des éléments. Dans cette analyse, la terre hérite des qualités froides et sèches (ce sont les qualités de la cendre), le feu est sec et chaud, l’air est chaud et humide (qualités du souffle exhalé) et l’eau est froide et humide.
À côté de ces quatre qualités élémentales, il existe aussi des qualités secondaires et dérivées, toujours opposées deux à deux, comme le subtil et l’épais (c’est-à-dire la disposition sous forme de fragments de grande ou petite dimension), le lourd et le léger, l’amer et le doux, le fluide et le visqueux…
D’autre part, cette génération des éléments par une interaction de qualités élémentales implique une dynamique des éléments. La réalité n’est pas figée : les éléments qui ont une qualité élémentale en commun peuvent se transformer l’un dans l’autre. Le feu peut donc se transformer par la modification d’une de ses deux qualités soit en air, soit en terre ; la terre en feu ou en eau ; l’eau en terre ou en air ; et ce dernier en eau ou en feu.
Enfin, chaque élément se subdivise en variétés, selon les mesures de la participation et des mélanges. On distingue par exemple trois sortes de feu : la flamme brûlante, la lumière et les résidus incandescents de la flamme (braises).
Aristote met en correspondances les sens et les éléments6. La vue, la couleur est liée au feu, « l’intermédiaire des sons est l’air », l’odorat s’exerce au moyen d’un médium qui est l’air ou même l’eau, « rien ne produit une sensation de saveur sans humidité », le toucher est lié à la terre. Aristote donne toujours la suite éther, feu, air, eau, terre, et c’est l’ordre qui prévaudra, l’éther (et non le feu) étant alors considéré comme la matière des astres et l’élément où ils séjournent.
Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_%C3%A9l%C3%A9ments
