
- La spiritualité du chamanisme Par Fernand Patry
- LA RENCONTRE DU CHRISTIANISME ET DU CHAMANISME EN ASIE
- Christianisme et chamanisme en Amazonie – Elise Capredon
- Santo Daime, les chrétiens de la forêt
- Voir aussi
La spiritualité du chamanisme Par Fernand Patry
Le chamanisme n’est pas une religion, mais une attitude spirituelle pour exprimer la relation au divin à la fois présent dans les hautes sphères de la spiritualité et dans tous les échelons de la création. Je situe le chamanisme en lien étroit avec le christianisme.
J’ai la conviction que Jésus était un chaman. Le chamanisme, c’est cette connaissance de l’Univers, dans lequel tout est interrelié pour créer l’harmonie.
Dans le chamanisme, Dieu, la nature et les éléments en présence ne font qu’un. La force de l’esprit qui agit est présente dans de nombreuses religions, et les divers rites qu’on y trouve s’inspirent souvent d’une perception chamanique de l’Univers et de notre relation à Dieu.
Citons l’exemple de l’eau du baptême dans le christianisme. L’eau est un élément fondamental dans le chamanisme : c’est la purification, mais aussi un signe de vie. Que dire de l’Esprit qui a soufflé sur les apôtres à la Pentecôte et des langues de feu dont nous parlent les évangiles? Ces signes sont très présents dans le chamanisme.
Fernand Patry
Le chamanisme constitue une approche spirituelle positive, belle et noble. Ce n’est pas une question de magie blanche ou noire, ou de pouvoir sur les esprits et la matière. Le chamanisme, ce n’est pas non plus de la sorcellerie ou du vaudou. C’est utiliser les éléments de la vie, les éléments de la nature, mais aussi être capable de croire en la globalité de la planète et de l’Univers, en sachant que tout est relié à plusieurs niveaux. Il y a le niveau très élevé de la spiritualité, puis le niveau matériel de la spiritualité et, enfin, celui des profondeurs de la spiritualité, où l’on trouve les racines du pouvoir chamanique.
Pour moi, Jésus s’inscrit bien dans le courant spirituel du chamanisme. Il utilise les éléments pour guérir, lorsqu’il fait par exemple un mélange de boue et de salive pour guérir un aveugle, lorsqu’il interpelle le vent et la tempête sur les eaux agitées, lorsqu’il partage le pain et le vin, etc.
Dans le chamanisme, l’action de grâce est importante. Il faut remercier l’eau pour la vie qu’elle donne, remercier l’arbre, l’animal, le geste de gratitude de quelqu’un. Le chaman crée l’harmonie autour de lui dans la nature et chez les personnes. Le sens du pardon – libérer l’autre du mal qu’il a fait pour se donner la liberté d’aimer à nouveau -, le grand désir que le monde soit meilleur et bon, voilà des valeurs présentes dans le chamanisme.
La force de la nature
Lorsqu’on désire aider une personne, on veut simplement la mettre en communion avec son passé. avec son histoire personnelle, et en même temps lui faire découvrir toutes ses interactions avec l’eau, avec le feu, bref, avec des éléments de purification. C’est être capable de se placer les pieds nus dans le jardin ou sur la terre et de se relier à la puissance de la terre. Je crois à la force des arbres. On l’a déjà dit, quand vous êtes malade ou éprouvé, prenez un arbre dans vos bras, serrez-le et vous irez mieux. J’y crois, sans toutefois en faire un élément de guérison instantanée ou de magie.
Extrait du livre Amour et turbulences: entretiens avec Gilda Routy, Montréal, Novalis, 2016, p. 133-135. Diffusé avec l’autorisation préalable de Fernand Patry.
À PROPOS DE FERNAND PATRY
Après avoir œuvré dans les domaines de l’enseignement, des communications et du milieu des affaires et après une expérience comme coopérant en Afrique, Fernand a été ordonné prêtre chez les Dominicains en 1986. Il a été curé de la paroisse Notre-Dame-de-Grâce de Montréal pendant 12 ans. Auteur de plusieurs ouvrages et conférencier, il est également intervenant en soins spirituels des grands centres hospitaliers à Montréal. Très impliqué, Fernand est devenu le chef de service par intérim des soins spirituels du CHUM et directeur du Centre de recherche et de formation en soins spirituels. En 2015, Fernand est le PDG de la Fondation Jeanne-Mance et il donne une nouvelle vocation à cette fondation soit l’accompagnement spirituel en soins palliatifs et en fin de vie à domicile. Un service d’accompagnement par des professionnels de la santé formés en accompagnement et offert gratuitement à la population québécoise.
Source https://www.fondationperemenard.org/la-spiritualite-du-chamanisme/
LA RENCONTRE DU CHRISTIANISME ET DU CHAMANISME EN ASIE
Christianisme et chamanisme en Amazonie – Elise Capredon
Les populations autochtones d’Amazonie sont les cibles de campagnes d’évangélisation depuis la période coloniale. Si certaines d’entre elles ont rejeté ou se sont rapidement détournées des usages chrétiens importés et imposés par les missionnaires, d’autres s’en sont au contraire emparés pour en faire une pratique socioculturelle distinctive.
En Amazonie brésilienne, c’est le cas des Baniwa, un groupe de langue arawak dont les membres adhèrent majoritairement au christianisme évangélique. Établis dans la région du Haut Rio Negro, les Baniwa se sont convertis à ce mouvement d’origine protestante sous l’influence d’une missionnaire étatsunienne au milieu du XXe siècle.
Fondé sur une minutieuse enquête de terrain, cet ouvrage explore les pratiques religieuses des membres de ce groupe et plus particulièrement de ceux qui ont quitté leurs villages pour s’établir en ville ou en périphérie urbaine. À partir d’une réflexion qui articule quatre thématiques – les conversions amérindiennes, l’expansion des Églises évangéliques au Brésil, le chamanisme et les mouvements indigènes – il éclaire une facette méconnue du rapport des Indiens d’Amazonie au christianisme. Alors que les conversions des populations autochtones des basses terres de l’Amérique du Sud sont généralement présentées dans la littérature anthropologique comme des phénomènes éphémères, l’auteure met en évidence la pérennité du mouvement évangélique baniwa qui, sous l’influence des mobilisations politiques indigènes, s’émancipe de la tutelle des missionnaires et des pasteurs non-indiens et se consolide à travers la constitution d’un vaste réseau d’Églises autonomes, tout en donnant lieu à une reconfiguration de la place du chamanisme au sein du groupe. Le champ des pratiques religieuses baniwa apparaît ainsi traversé par un double mouvement d’institutionnalisation des Églises indigènes et de patrimonialisation du chamanisme.
https://shs.cairn.info/christianisme-et-chamanisme-en-amazonie–9782811127572?lang=fr
Santo Daime, les chrétiens de la forêt
C’est à travers l’apparition de Notre Dame de la Conception après avoir découvert l’Ayahuasca avec un caboclo Péruvien, que les premières instructions lui sont transmises. Il a christianisé l’utilisation de cette boisson connue depuis les Incas et l’a rebaptisé Santo Daime (le Saint Dom).