
Enluminé par le Maître du Missel de Paul Beye, il est « escript au cloistre de l’eglise Nostre Dame d’Arras, en l’an de l’Incarnation nostre Seigneur MCCCCL et ung » par Barthélemy Poignare, chantre-calligraphe, pour être offert à Philippe le Bon, duc de Bourgogne.
Paris, BnF, ms Français 12476, f° 144r, réalisé en 1451, 29,2 × 19,8 cm
La miniature illustre la Ronde des Douze Vertus autour d’une Vierge à l’Enfant rayonnante sur un croissant de lune argenté.
Suivent, nous dit la rubrique au folio précédent, récitées « par ordre, les chansons que les virtus chantent à la danse, chascune à son tour, à la loenge de la Vierge glorieuse ». « Et commence Dame Prudence » qui conduit la ronde en bas à droite.
Le manuscrit est un exemplaire du Champion des dames, plaidoyer en faveur des femmes de Martin Le Franc († 1461), religieux-poète normand.
À partir de la fin du XIIe siècle, même si le septénaire apparaît plus souvent, les artistes, à la manière des encyclopédistes, multiplient le nombre de vertus. Réalisé en 1181, l’Autel de Klosterneuburg de Nicolas de Verdun (v. 1150-1210) ne compte pas moins de 22 vertus. Il en va de même sur les façades des cathédrales où le nombre et l’identité des vertus varient, comme dans le portail central de la façade occidentale de Notre-Dame de Paris, sculpté entre 1200 et 1210, qui compte douze vertus, l’Humilité, la Prudence, la Chasteté, la Charité, l’Espérance, la Foi, la Force, la Patience, la Douceur, la Concorde, l’Obéissance et la Persévérance. Si, dans ce cas, les trois vertus théologales sont bien présentes, seules deux des quatre vertus cardinales sont figurées.
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