

Kyrie
Chant grégorien

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Historique et symbolique
Le Kyrie est le premier chant de l’Ordinaire traditionnel de la messe. Son usage est très ancien puisque certains pensent qu’il fut introduit vers l’an 320 par le pape Sylvestre. La fonction du Kyrie consiste à rendre manifeste la présence de Dieu sur le plan terrestre.
Au niveau sacerdotal :
le Kyrie a été conçu comme un appel visant à pleinement incarner Dieu sur la terre. Nous pouvons traduire cette expression grecque par les mots : « Seigneur, faites-moi don de Vous » ou encore « Seigneur, répandez-vous ».
Au niveau individuel :
le Kyrie correspond également à un appel et vise toujours la manifestation plénière de Dieu. Toutefois, il ne s’agit plus de la descente de Dieu sur terre mais d’amener l’homme à mieux conscientiser la présence en lui d’une étincelle divine qui le relie très intimement à Dieu (une partie de Dieu demeurant en lui)
Au niveau psychologique :
le Kyrie permet d’entrer dans une découverte de sa véritable identité, point de départ de toute croissance personnelle.
Voir également :
“Kyrie eleison est le grand mantra chrétien.” – Iégor Reznikoff
Kyrie de la messe en si mineur de J.S. Bach

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A suivre.
Gloria
Chant grégorien

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Historique et symbolique
Le Gloria est également un chant fort ancien puisqu’il est adapté d’un ancien hymne grec.
Après l’invocation du Kyrie, il n’est pas étonnant que retentisse le « Gloria in excélsis Déo » des paroles chantées par les anges dans la nuit saint de la Nativité. En ce sens, le Gloria représente l’accueil joyeux et exalté réservé au Dieu qui prend naissance parmi nous.
Au niveau sacerdotal :
Si le Kyrie était une invocation et un appel adressés à Dieu, le Gloria, quand à lui, représente la phase de glorification (de valorisation) de ce même Dieu dorénavant manifesté. Il s’agit donc d’une étape essentielle au développement de la croissance du rayonnement divin en ce monde.
Au niveau individuel :
le Kyrie avait pour principale fonction de nous amener à découvrir l’existence de Dieu au plus profond de notre cœur. Le Gloria permet ensuite la croissance et l’épanouissement de cette étincelle divine que nous avons conscientisé lors du Kyrie. Pour ce faire, la conscience est donc invitée à se pencher révérencieusement au-dessus de la crèche (symbolisant extérieurement le cœur) pour glorifier ainsi le Dieu qui y sommeille.
Au niveau psychologique :
Le Gloria, tout comme le Kyrie, se transpose aisément sur le plan de l’ego et représente une étape de croissance et de développement du moi personnel. En effet, ce chant correspond à l’étape de valorisation consistant non seulement à admettre sa propre identité (découverte précédemment) mais également à l’apprécier, c’est l’étape de l’amour de soi. Or, sans cela, le développement de l’identité est compromise. En effet, aucune dimension de l’être ne peut véritablement s’épanouir dans le rejet ou l’indifférence. Seules l’attention et l’approbation peuvent nourrir et permettre au moi personnel de vivre une croissance harmonieuse.
Les principales sources de valorisation prennent racine dans l’amour et l’affection. Le Gloria peut être utilisé pour éveiller ces deux dispositions et développer tendresse, douceur et estime de soi. En effet, la douceur et l’amour de soi sont deux éléments fondamentaux que le chant du Gloria et son écoute suscite et nourrit.
Gloria de la messe en si mineur de J.S. Bach

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A suivre
Credo
Chant grégorien

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Historique et symbolique
Le Credo à pour principale fonction d’affirmer pleinement la nature réelle et véritable de Dieu. Après l’avoir invoqué (Kyrie), puis valorisé (Gloria), il importe dès lors d’en exprimer toutes les facettes. En ce sens, le Credo définit précisément ce qu’est Dieu en affirmant par exemple son unicité (je crois en un seul Dieu), sa constitution (un certain nombre de versets établissent la nature des personnes divines), son incarnation (Il a pris chair de la Vierge Marie) ainsi que les modalités de son expression sur la terre.
Au niveau sacerdotal :
Pour les anciens, représenter une chose scripturalement ou l’affirmer dans le cadre sacré d’un rituel, rendait cette chose réelle et efficiente. Dans un tel contexte, nous comprendrons ici toute l’importance de proclamer, après avoir glorifié Dieu, sa nature véritable et la spécificité de son action en ce monde. Ainsi, en récitant le Credo, le prêtre concrétise en quelque sorte la présence de Dieu et en détermine même les modalités d’expression en ce monde.
Au niveau individuel :
Après la phase de valorisation et de maturation associée au Gloria, nous pouvons maintenant entreprendre une étape d’affirmation et de rayonnement de la lumière divine que nous portons au plus profond de nous-mêmes. Le Credo implique l’affirmation entière, franche, directe et sans détour des valeurs profondes et spirituelles éveillées en soi.
Au niveau psychologique :
Le Credo invite l’individu à exprimer avec foi et assurance les spécificités propres de sa personnalité. En effet, après avoir pris véritablement conscience de son identité propre (avec le Kyrie), l’avoir ensuite appréciée et valorisée (le Gloria), l’homme doit maintenant l’affirmer pleinement pour lui donner une véritable existence. Cette expression de soi est également essentielle pour permettre le passage à la prochaine étape, c’est-à-dire l’expérience de l’amour (le Sanctus).
Credo de la messe en si mineur de J.S. Bach

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A suivre.
Sanctus
Chant grégorien

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Historique et symbolique
Le Sanctus correspond au moment où l’homme reçoit du ciel les grâces nécessaires pour qu’il puisse à nouveau participer à l’abondance céleste. « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » désigne bien évidemment le Christ lui-même, missionné des cieux par son Père, pour dispenser aux hommes les grâces nécessaires à leur croissance et à leur fécondité.
Au niveau sacerdotal :
Sur un plan sacerdotal, le Sanctus représente sans aucun doute le moment le plus émouvant de la messe. En effet, avouant son incapacité à accomplir par lui-même l’oeuvre du salut, le prêtre fait alors appel aux anges du Seigneur qui apparaissent aussitôt autour de lui. Après avoir assisté à cette scène aux dimensions cosmiques, le saint curé d’Ars affirmait : » le ciel tout entier se penche pour assister à la plus humble des messes » et c’est bien à l’étape du Sanctus qu’il faisait allusion.
Le prêtre demande ici l’assistance de Dieu pour opérer le mystère de la transsubstantiation du pain et du vin. Or, cette transsubstantiation n’est que l’accomplissement emblématique d’une transsubstantiation plus vaste, celle du monde entier.
Ce quatrième chant est une invocation au Christ médiateur et à ses ministres les anges. Dans les deux cas, cette invocation est faite pour les inciter à agir sur le plan terrestre afin que s’accomplisse l’oeuvre d’amour.
Au niveau individuel :
Ayant pris conscience de notre nature intérieur (par le Kyrie), l’ayant pleinement valorisée (par le Gloria) et ayant entrepris de l’exprimer autour de nous (par le Credo), nous découvrons maintenant que notre personnalité, profondément ancrée dans le monde extérieur, doit pour franchir une nouvelle étape faire appel aux forces célestes. Nous apprenons à ouvrir notre cœur en demandant l’assistance des grands êtres de lumière envoyés par Dieu pour se réconcilier le monde.
Le Sanctus est un cri du cœur appelant Dieu et ses ministres pour le dernier combat visant à vaincre le monde, c’est-à-dire le réconcilier avec le ciel. Ce chant favorise donc une rencontre intérieure avec « Celui qui vient au nom du Seigneur ». C’est la noce mystique à laquelle les auteurs chrétiens ont si souvent fait allusion.
Au niveau psychologique :
Après les trois premières étapes vécues dans le Kyrie, le Gloria et le Credo, une nouvelle nécessité s’impose : celle d’aimer et d’être aimé. Le Sanctus correspond ainsi à l’étape de l’ouverture à l’autre. En effet, sous l’influence de ce chant, l’individu apprend à orienter dorénavant son attention vers « Celui qui vient au nom du Seigneur ». Le Benedictus favorise le développement d’une disposition d’accueil et d’acceptation de l’autre tel qu’il est.
Sanctus de la messe en si mineure de J.S. Bach

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A suivre.
Agnus Dei
Chant grégorien

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Historique et symbolique
Le Christ est ici désigné comme étant l’agneau de Dieu.
Dans un premier temps, ce symbole de l’agneau incarne traditionnellement le concept de l’amour. En effet, les paraboles du bon berger suffisent déjà à conforter cette affirmation. Se consacrant à la garde de son troupeau, le berger devient l’être aimant par excellence au service de l’agneau incarnant l’être aimé. Le Christ, agneau pascal, n’est pas celui que Dieu désigne comme principal sujet de son amour : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur ».
Incarnation de l’amour, l’agneau est également l’emblème parfait du sacrifice. En effet, les hébreux le choisissaient comme victime propitiatoire de préférence à tout autre animal. Or cette association entre l’amour et le sacrifice n’est pas gratuite. Le Christ lui-même affirme qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner « sa vie pour ses amis ».
En outre, l’Agnus suppose une notion de sacrifice comme une condition préalable à l’obtention d’une véritable paix « dona nobis pacem ». Comme en effet peut-attendre la paix sans un certain lâcher-prise? Sans renoncer au multiple et à ses stimulations diverses?. Là, le sacrifice devient effectivement une clef fondamentale.
Le symbolisme de l’Agnus est également étroitement lié à celui d’une grande purification (sacrifice de son « animalité »).
Au niveau sacerdotal :
Le chant de l’Agnus permet en quelque sorte de capter l’impressionnante puissance purificatrice émanant de l’eucharistie. En effet, le sacrifice de la messe ayant été accompli, le prêtre dispose alors du fruit de l’ultime sacrifice alors que le Christ fit preuve du plus grand amour qui soit en donnant « sa vie pour ses amis ». Or, c’est bien du mystère de l’amour dont il est question ici; seul, l’amour pouvant sauver le monde.
Avec le « miserere nobis », il ne s’agit pas de confesser une quelconque culpabilité ou de dévaloriser de quelque manière que ce soit ce que nous sommes, mais il évoque plutôt une reconnaissance de l’imperfectibilité humaine qui, pour atteindre sa plénitude, à besoin de l’amour de Dieu.
Au niveau individuel :
Sur un plan plus individuel, le chant de l’Agnus correspond à l’apprentissage du pardon. Aucun passage vers les plans célestes ne s’accomplit sans cette ultime purification. Le chant de l’Agnus éveille en nous une véritable « contritio cordis ». Allumant ainsi en son cœur un feu purificateur, il dissout alors toutes les mémoires négatives qui nous rattachaient encore à ce monde d’en bas.
L’Agnus correspond à l’étape ultime ou, totalement adombré par l’amour du Christ auquel nous nous sommes rendus sensibles au cours de l’étape précédente (celle du Sanctus) nous sommes enfin pardonnés de toutes nos errances. Plus encore, ce pardon correspond en fait au moment où disparait définitivement l’écart qui nous séparait encore de Dieu. Pardonnés, nous pouvons ressentir alors une paix profonde et indicible envahir tout notre être et nous accédons à ce moment au nouvel ordre du monde alors que les choses anciennes disparaissent selon le mot du prophète Isaïe : » Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre et on ne se souviendra plus des choses passées, elles ne reviendront plus… »
Au niveau psychologique :
Suite logique du Sanctus, l’Agnus correspond à l’étape de l’intégration de l’amour. Le chant de l’Agnus enseigne maintenant à faire le sacrifice de ses intérêts personnels si nous voulons véritablement vivre d’amour. Seul ce sacrifice permet de vaincre la tendance égoïque d’établir une distance face à l’autre.
Seul le sacrifice du moi en tant qu’entité séparée peut un jour apporter la paix. Seul un retour à l’unité dans le sacrifice de soi permet à l’individu d’atteindre, selon l’expression consacrée, « la paix de l’âme et du cœur ».
Agnus Dei de la messe en si mineur de J.S. Bach

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