
Présentation
Une des richesses de Vatican II est de rappeler avec force l’appel universel à la sainteté.
Nous sommes tous appelés à être des saints (Lumen Gentium 40). C’est notre vocation de baptisés : le Seigneur a choisi chacun d’entre nous pour que nous soyons « saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep. 1, 4).
Dieu nous appelle à la sainteté et nous donne aussi les armes pour y parvenir. Tout le Peuple de Dieu est appelé à la sainteté et tous sont à égalité devant cet appel mais chacun peut y répondre de façon différente selon son état de vie, ses propres dons et ses responsabilités dans le monde.
Chacun peut avancer sur le chemin de la sainteté puisqu’il s’agit de marcher à la suite du Christ dans la foi et l’espérance en faisant toute chose avec charité.
A la suite du Concile, l’Église donne une très grande place aux saints dans le Catéchisme de 1992 (CEC). Les saints sont les meilleurs interprètes de l’Évangile car ils vivent en suivant le commandement d’amour du Christ. Le CEC cite les Pères de l’Église, les docteurs médiévaux et, ce qui est plus nouveau, les mystiques parmi lesquels figurent beaucoup de femmes.
Jean-Paul II puis Benoit XVI ont fait du rappel de cette vocation universelle à la sainteté une priorité pastorale pour toute l’Église. Dans l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate, le Pape François a pour objectif de « faire résonner une fois de plus l’appel à la sainteté, en essayant de l’insérer dans le contexte actuel… (§2) ».
Les saints nous accompagnent et nous encouragent. Soyons attentifs non seulement à ceux qui sont déjà béatifiés ou canonisés mais aussi à ceux que le Pape François appelle les « saints de la porte d’à côté » (§7) qui sont aussi un signe de la présence de Dieu. Chaque vie de saint est un message que le Seigneur veut donner au monde. Il faut considérer l’ensemble de cette vie pour le comprendre (§22).
Il ne faut pas les copier mais chaque croyant doit discerner, dans l’Esprit, le chemin que le Christ veut pour lui et qui commence dans les petites choses de chaque jour. N’ayons pas peur de la sainteté, n’ayons pas peur de nous laisser guider par l’Esprit Saint qui nous libère et nous donne sa force !
Le Secret de Marie
L’appel à la sainteté lancé par le père de Montfort n’a rien de moralisant, de desséchant. Il est au contraire guidé par une vision profondément personnaliste : la sainteté répond aux désirs les plus profonds l’homme.
- Pour beaucoup, le saint ne peut être qu’un personnage austère et triste. Grignion nous enseigne que la sainteté est source du plus grand bonheur : « Oh, quel plaisir! Oh, quel bonheur de pouvoir entrer et demeurer en Marie, où le Très-Haut a mis le trône de sa gloire suprème. »
- Pour beaucoup, le saint est tellement détaché du monde qu’on se demande encore s’il est capable d’aimer. Grignion nous affirme qu’au contraire, la sainteté porte l’amour à très haute température : la sainteté en Marie est « une voie immacuée sans imperfection, et d’un secret merveilleux pour vous trouver et vous aimer parfaitement. »
Mais la sainteté est chose impossible?
Par nous-mêmes, par notre vertu et notre force, il nous est tout simplement impossible de devenir saints. Car la sainteté selon Dieu ne saurait se réduire à un liftging de quelques défauts : la sainteté c’est vivre la sainteté de Dieu.
Impossible à l’homme, la sainteté est possible à Dieu
L’Evangile nous dit : « Pour les hommes c’est impossible, mais pour Dieu, tout est possible » (Mt 19,26). Grignion dira avec ses mots : « Il n’y a que Dieu qui, par une grâce, et une grâce abondante et extraordinaire, puisse en venir à bout. »
Le premier pas sur le chemin de la sainteté repose donc sur cette conviction humble que sans Jésus nous ne pouvons rien faire.
« C’est une très haute vérité, enseigne la grande Thérèse d’Avila, que de nous-mêmes nous n’avons rien de bon, mais plûtot la misère et le néant. Quiconque ne le comprend pas marche dans le mensonge; mais plus on le comprend, plus on se rend agréable à la souveraine Vérité, parce que l’on marche dans ses sentiers. Plais à Dieu, mes Soeurs, ne nous faire grâce de ne jamais perdre la connaissance de nous-mêmes. » (Livre des Demeures, VIe Demeure)
Père Joël Guibert, Vivre en Marie